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Georges Gosse : Hommage de notre confrère Maurice Robert

Michel Bognanno a transmis ce texte de Maurice Robert en hommage à Georges Gosse :

Collégiale de Nivelles, le 28 juin 2017

Muriel,

Merci de m’avoir invité à dire quelques mots en mémoire de Georges. Avant tout, je veux te dire, mais tu le sais déjà, combien Georges et moi étions attachés. Avec mon épouse Catherine, je veux te dire – ainsi qu’à Jonathan et à Alex – toute notre sympathie et notre amitié.

Georges,

J’ai beaucoup de peine à te le dire.  La grande faucheuse est passée dans la profession.  Elle touche une fois de plus notre promotion.

Pour mémoire,  nous sommes sortis en 1979 de l’Institut Supérieur d’Architecture de la Ville de Mons devenu aujourd’hui Faculté d’Architecture de l’Université de Mons.

Un tiers de l’effectif n’est plus de ce monde. Les confrères Jean-Pierre Waroux, Marc Houdart sont déjà partis. Et j’ai relevé un fait troublant, Pierre Rombaux reste seul sur la ligne des distinctions du procès-verbal de délibération. Pierre, si tu es là, prends soin de toi et profite de la vie et de ta pension.

Nos confrères Jean-Michel Autenne, Salvatore Cavallo, Maurice Lejour et Thierry Scoubeau, résistent avec force et vigueur. Et pour ma part, comme tu le sais, je vis en mode dérogatoire, exposé parfois au feu des chasseurs du coin.

Ceux qui restent devront encore travailler longtemps. Au moins deux raisons à cela. La première, c’est que l’ouvrage n’est pas terminé. Et la seconde, c’est que la pension d’indépendant n’est guère engageante.

Chers amis,

Avec le départ de Georges, reconnaissons-le, la profession vient de perdre un fameux coup de patte.  De la Fucam à Warocquiez, de la Polytech à l’Institut d’Architecture, Georges était connu.

L’humour féroce et décalé de ses panneaux de guindaille le situait entre un Jean-Marc Reiser et un Kroll. Georges, si tu avais fait carrière dans la caricature politique, la politique aurait été différente !  Quoi que ?  Comme tu le disais si bien : « avec des « si », on ne va pas loin. »

Si nous sommes à tes côtés, c’est que de puissants sentiments humains, d’estime, d’amitié ou d’amour nous rassemblent ici. Sans le montrer, je sais combien de tels sentiments t’ont toujours touché.

Quant au lieu, ce lieu fort de l’architecture de la foi est admirable. Sa valeur symbolique impose le respect.  C’est la maison où tu nous rassembles aujourd’hui. Le volume est imposant, l’acoustique est étonnante et la lumière est belle.

Rien à voir avec cet étonnant habitat nomade appelé «  caravane » que tu avais attelée derrière ta Porsche pour résider un temps, sur le parking du GB.

Ici, l’espace axé et orienté est à l’image de tes compositions les plus fortes.

Je t’imagine remettre un peu d’ordre dans le panthéon des archétypes et des formes qui ont donné du sens à ton architecture. Colonnades, Amphithéâtres, Kiosques, Cubes, Sphères et tous les éléments qui composent les architectures fortes, libres, rythmées de pleins et de vides ou de déliés.  A l’image de ta belle écriture. Des espaces s’ouvrent  sur des perspectives  infinies. Ils traversent – comme la vie – des zones floues ou lumineuses, des dangers, des certitudes : espaces de fêtes ou nid douillet et sécurisé de l’intimité.

Te souviens-tu du nombre de mondes que nous avons refaits ?

Nous sommes restés des enfants. Héritiers de la Renaissance. De la fameuse fenêtre d’Alberti qui permit de mettre les lieux en perspective pour imaginer la ville idéale ou utopique, pour concevoir une architecture nouvelle.

Nos regards portaient tantôt sur ce monde visible séparable du monde des croyances, à la différence du Moyen-Age qui poussait l’homme à voir ce qu’il croyait.

Et puis, nous nous laissions aller à la rêverie.  Tout était remis en question.

On regardait le monde à l’envers. Dans les rétroviseurs des traditions. Au travers les lunettes des règlements des pouvoirs publics.  Questions de points de vue combien de fois opposées. Combien de fois contestées. Y compris dans les associations professionnelles.

Le mérite de la Renaissance et de cette extraordinaire révolution des Lumières ne serait-il pas finalement de nous avoir permis de regarder aujourd’hui la nature qui nous entoure et l’homme d’un autre œil ! Le problème, comme on le sait dans la profession, aurait été celui des délais.

Et puis, après avoir philosophé comme des écorchés vifs, nous ouvrions notre Tupperware pour manger nos tartines.

Le moment était alors venu pour toi de jouer « Simple Minds », de sortir quelques accords inimaginables d’une Fender Stratocaster, de te souvenir de la hauteur prise, en pleine montée, par ta Ford Escort violemment plantée dans un arbre au rallye de Braine-le-Comte… d’où sorti ton copilote « Boulanger » si blanc qu’il paraissait enfariné et que tu te mis à chanter « Plus près de toi Seigneur, plus près de toi… » pour faire comprendre ce qu’il était arrivé.

Le contraste est toujours saisissant lorsqu’on redescend brutalement sur terre. La vie est ainsi faite de hauts et de bas, lorsqu’on est amené à devoir se contenter de peu et qu’on peut compter sur ses amis pour remonter.

A vrai dire, on a beau à étudier durant des années tous les philosophes, Platon, Socrate, Aristote, Kant, Saint-Augustin, Heidegger et les autres :  pour les uns, le bon dieu c’est quand il y a du pain sur la table et pour d’autres, c’est ce qu’il y a de bon dans le cœur des gens et le diable, c’est ce qu’il y a de mauvais dans le cœur des gens.

Ici, Georges, lorsque Jean de Nivelles sonne l’heure, la ville se rappelle le temps qui passe.

Pour tenter de donner un sens à ce moment singulier, je souhaite encore partager quelques propos bâtis depuis longtemps ensemble et tenter de lancer un appel de la vie, des sentiments profonds,  aux présents pour l’avenir : un message d’espoir et d’espérance.

L’Architecture mène à tout.

Avec Georges, cinq années d’études, deux années de stage ont été le creuset d’une vision partagée de notre propre condition, de l’existence et de notre métier soumis à bien des contingences internes et externes et à autant de tentatives d’instrumentalisation de la production des espaces bâtis. L’urbanisme et l’architecture sont affaires de pouvoirs. Et les architectes en seraient les serviteurs.

Si nous paraissons aujourd’hui tous les deux dans des mondes décalés, le chemin initié durant les études et lors des stages, est le même. Nous avons pris conscience qu’il en était ainsi depuis la création, depuis que l’homme existe.

Nous avons appris aussi que tout espace appelle l’action, qu’il mérite l’action, mais qu’avant toute action, il convient de bien réfléchir pour que nos actions soient bonnes afin que notre vie soit bonne autant que celles des autres. Cette condition est essentielle à l’harmonie et au bonheur.

Et nous avons appris aussi : que ce qui vaut pour la construction d’un espace, d’une œuvre architecturale, œuvre d’art par essence, vaut aussi pour la construction de l’homme, avec autant d’attention, avec autant de respect, avec autant de tolérance; et que le ciment qui construit les hommes porte un nom.  C’est l’Amour. L’Amour du métier. L’Amour des autres. L’Amour de la vie.

En 1979, dans ton mémoire de fin d’études que j’ai relu, à propos d’espace architectural, poétique,  fort, tu citais Marc Aurèle et j’y reviens. Marc Aurèle a dit : « Tu peux te retirer en toi-même à l’heure que tu veux et nulle retraite n’est plus tranquille que celle de ton âme ».

Georges, tu peux te retirer en paix.

 Maurice ROBERT
Architecte

Décès de notre confrère Georges Gosse

Notre confrère Georges Gosse est décédé ce 22 juin 2017 à l’âge de 62 ans après avoir lutté avec un courage, une force de caractère, un optimisme exemplaires contre la maladie qui le rongeait depuis quelques années.
Il nous avait savoir lors de l’assemblée générale de la SAC du 14 juin que les médecins lui donnaient encore 6 mois d’espérance de vie.
Il avait tenu à participer à l’assemblée générale de la CCACC qui se tenait le lendemain pour régulariser la situation de celle-ci : j’avais eu l’occasion de discuter avec lui et je ne pouvais croire au diagnostic des médecins tant sa lucidité était encore présente : il voulait mettre de l’ordre dans ses papiers et nous avions projeté de faire une sorte de « press-book » rassemblant les réalisations qu’il préférait . C’est un projet que nous ne devons pas abandonner.
Il est parti plus tôt …
Il me manque, il nous manquera …
Alain Cordier

Ci-après le beau texte que Robert Bassetto a lu lors de ses obsèques:

Au nom de l’Association des Architectes du Centre je présente à Muriel, sa compagne et à ses enfants Jonathan et Alexandre toute notre sympathie et toute notre affection dans ces moments difficiles qu’ils traversent.
Au cours de sa vie professionnelle, Georges s’est toujours battu pour la dignité de l’architecte.
Difficile sinon impossible de concevoir que nous n’entendrons plus ses coups de gueule.
Nous gardons en mémoire une personne investie, sincère, et lucide, qu’on avait plaisir à écouter lors de nos réunions.
Nous nous souviendrons de sa sincérité lorsqu’il félicitait des confrères pour le travail réalisé sans aucune arrière-pensée, juste des compliments pour un projet qu’il trouvait bien.
Je tiens à souligner sa bienveillance vis à vis des jeunes architectes qu’il ne manquait pas de conseiller.
Amoureux de la vie, lors d’une dernière réunion, il a récité autour d’un bon verre les derniers vers du poème INVICTUS de l’écrivain HENLEY qu’il aimait écouter en anglais et en musique sur un vieux vinyle d’un groupe rock :

« Aussi étroit soit le chemin,
Nombreux les châtiments infâmes
Je suis le maître de mon destin
Je suis le capitaine de mon âme »

Le message qu’il nous laisse encore aujourd’hui :
« Prenez tout le temps pour réfléchir mais quand arrive le moment de l’action, arrêtez de réfléchir et agissez «

Pour ce passionné de guitare et de voile, je voudrais terminer par un petit poème de Paul Eluard
Qui résume bien sa passion pour la vie,

« La nuit n’est jamais complète,
Il y a toujours au bout du chagrin une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille, Désir à combler, faim à satisfaire, un cœur généreux.
Une main tendue, une main ouverte, des yeux attentifs
Une vie – la vie à partager. »

Salut l’Artiste !

Robert Bassetto Président de la SAC

Un face-à-face qui tombe ….. pile !

repris sur le site « aabw.be »

, par François de Montlivault, président de l’AABW

En vous rendant à l’invitation de l’Union Wallonne des Architectes ce 20 avril dernier,vous étiez nombreux et plein d’espoirs d’avoir enfin une explication sur le comment et le pourquoi du CoDT.
La chose était pourtant bien présentée de la sorte : pas une conférence, pas un discours, mais un « face à face », les yeux dans les yeux, avec notre ministre de tutelle.

 

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La Louvière retrouve  son lustre théâtral

 Le Soir 19/06/217

SCÈNES

La ville était privée de son théâtre communal depuis neuf ans

CATHERINE MAKEREEL
Bonne nouvelle   pour La Louvière :   le théâtre communal fait peau neuve dans  un cadre spectaculaire.  Tout un symbole   dans une ville  qui a transcendé  un déclin économique  en se réinventant   culturellement.  Traversée   d’un héritage engagé.

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